Fille aînée de Victor Hugo, Léopoldine s’est noyée en 1843
sur les bords de Seine, face à la maison Vacquerie.
“ Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,/ Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends. “ Victor Hugo écrit ses vers des Contemplations quatre ans après la mort de Léopoldine. Sur les bords de Seine, à Villequier, sa fille aînée s’est noyée le 4 septembre 1843. Elle a à peine vingt ans, vient de se marier avec Charles Vacquerie, quand un vent mauvais renverse le canot. À bord, son époux, son oncle accompagné de son fils : les quatre passagers périssent noyés. Victor Hugo apprend seulement la nouvelle six jours plus tard par le journal alors qu’il est en voyage avec Juliette Drouet.
À Villlequier, le petit cimetière adossé à la colline aligne les tombes des Vacquerie et des Hugo. Il y a Léopoldine Hugo, sa mère, sa soeur Adèle, dont le cinéaste François Truffaut raconta l’histoire dans Adèle H. En contrebas de l’église, des vaguelettes du fleuve lèchent les marches de l’escalier que descendirent Léopoldine, un matin… Restée longtemps propriété familiale, la maison Vacquerie est devenue musée Victor-Hugo en 1959. En face du Cotentin, un autre lieu hugolien sur l’île anglo-normande de Guernesey. Hauteville House est un poème à trois étages. Chineur, architecte d’intérieur, Victor Hugo a imaginé un intérieur délirant. L’écrivain y a passé quatorze années de sa vie d’exil, de 1856 à 1870, après un bref passage par Jersey. À Guernesey, « ce coin de vieille terre normande où vit le noble petit peuple de la mer », l’opposant à Napoléon III signe quelques-uns de ses chefs-d’œuvre, comme La Légende des siècles, Les Travailleurs de la mer. Il y achève aussi Les Misérables.