Alors que Guillaume prépare l’invasion de l’Angleterre,
un autre Normand conquiert Italie du Sud et Sicile.
Le presbytère de Hauteville-la-Guichard, village de 400 âmes dans le Coutançais, est devenu musée. Il raconte la fabuleuse histoire de la famille Tancrède, seigneur de Hauteville au XIe siècle. Ce seigneur avait douze garçons. Le domaine étant trop petit, onze des douze fils partent à l’aventure en Italie du Sud. Parmi eux, Robert. Ce grand gaillard blond est le premier fils de Fressende, seconde épouse de Tancrède.
Parti pour l’Italie du Sud vers 1047 avec « cinq cavaliers et trente hommes de pied », Robert mène d’abord une vie de brigand en Calabre, théâtre de ses premiers exploits. Cela lui vaut le surnom de Guiscard, le rusé. « Il avait plus de finesse que Cicéron et que l’habile Ulysse. Ses yeux d’un bleu très clair semblaient lancer des éclairs », rapportent les chroniqueurs de l’époque. En 1053, la bataille de Civitate oppose les soldats du pape Léon IX aux Normands. La victoire de ces derniers, excellents cavaliers au combat, donne des ailes à Robert Guiscard. Avec son jeune frère, il s’empare de Bari en 1071, de Palerme l’année suivante, Robert par la mer, Roger par la terre. Roger II, le neveu de Guiscard, fera de la Sicile le royaume des Normands. Leur palais abrite aujourd’hui l’assemblée régionale de Sicile. Sous l’influence des Tancrède, l’île connaît alors un véritable âge d’or. Mais Guiscard en veut toujours plus. Parti à la conquête de l’Empire byzantin, il ne réalisera pas son rêve oriental. Une épidémie l’emporte sur l’île de Céphalonie, île grecque de la mer Ionienne. Si loin de sa Normandie natale. À Coutances, les statues des Tancrède rappellent que la cathédrale fut restaurée au XIe siècle avec le butin des Normands d’Italie.
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