Marié à une Normande, l’ancien président de la République
du Sénégal aimait écrire ses poèmes à Verson, où il vivait.
Marié à une Normande, l’ancien président de la République du Sénégal aimait écrire ses poèmes à Verson, où il vivait. Léopold Sédar Senghor habitait au 150, rue du Général-Leclerc de la commune de Verson, 3 500 habitants aux portes de Caen. Ses habitants en éprouvaient une immense fierté. « Chants d’ombre, Hosties noires, Lettres d’hivernage, quels délices de lectures ! Je relis toujours ces poèmes avec bonheur. Les Africains de Normandie lui sont très attachés. C’est leur père spirituel. On me demande souvent où il habite » témoignait, alors, Raymond Gilles, le garde-champêtre de Verson.
En épousant, en secondes noces, Paulette Hubert en 1957, le poète président – il souhaitait qu’on l’appelle ainsi – découvre la Normandie. Quand il démissionne de la présidence de la République du Sénégal, le 31 décembre 1980 après vingt ans de pouvoir, le « Normand venu d’Afrique » s’installe dans la propriété familiale. « Verson m’a donné la possibilité de vivre la normandité comme un lyrisme lucide. » Le poète président aimait passer des palmiers aux pommiers : « Au mois d’août quand le Sénégal cuit dans son jus, j’écris en Normandie. Au frais. »
Premier Africain agrégé de grammaire, Léopold Sédar Senghor fit ses études à Paris avec Aimé Césaire et Georges Pompidou, « mon copain de khâgne ». Amoureux fou de la langue française, admis à l’Académie française en 1983, il meurt le 20 décembre 2001, à l’âge de 95 ans. Ses obsèques à Dakar feront l’objet d’une grande ferveur populaire. Mais, ni le président de la République, ni le Premier ministre français ne feront le voyage de Dakar pour saluer la mémoire de ce chef d’État africain, homme de culture « immortel ».
Un mystère.
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