Reconnu en France sur le tard, Alexis de Tocqueville
est l’un des auteurs français les plus connus aux États-Unis.
Tocqueville, l’inverse de Jules Barbey d’Aurevilly, peut-être. « Barbey n’avait rien compris à Tocqueville. L’écrivain du Cotentin n’avait aucune pensée politique. Celle de Tocqueville fut lumineuse. Il y avait chez cet homme une lutte intime entre son goût pour la démocratie et ses instincts fondamentaux pour l’aristocratie », raconte Pierre Leberruyer, ancien journaliste cherbourgeois, un de ses biographes. Élu député de Valognes en 1839, à l’âge de 34 ans, réélu par deux fois, Alexis de Tocqueville, né à Paris, mort à Cannes, inhumé à Tocqueville, hérita en 1836 du château familial de Tocqueville, minuscule commune du Val-de-Saire. « Ce lieu-ci me plaît. » Président du conseil général de la Manche de 1849 à 1852, il fut aussi ministre des Affaires étrangères durant cinq mois, du 3 juin au 31 octobre 1849. Les Américains reconnaissent en lui l’un des premiers penseurs de leur démocratie. Démissionnaire de la magistrature, Tocqueville part découvrir le système carcéral aux États-Unis au lendemain de la Révolution de 1830. Il en revient avec De la démocratie en Amérique. Visionnaire, le penseur livre une réflexion sur les fondements de la démocratie et l’égalité des hommes : « Je n’ai pas de traditions, je n’ai point de parti, je n’ai point de cause, si ce n’est celle de la liberté et de la dignité humaine ; de cela, je suis sûr. »
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